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07/05/2018

Sépultures dans la nature

   Nous sortons quelque peu de la cuisine pour poser un fait de société, nous interroger aussi, sans que le sujet ne soit ni triste ni polémique. Voici de quoi il retourne :

Même si j'en ai l'habitude et l'explication, je demeure toujours perplexe en me retrouvant brutalement devant une tombe en pleine nature.
Les Cévennes restent un bastion protestant malgré les efforts engagés des deux côtés : Catholiques et irréductibles défenseurs du protestantisme continuent de se déchirer au XXI ième siècle...

Dans les bourgades, les deux lieux de culte sont souvent très proches mais dos à dos ou face à face de part et d'autre de la même rue.
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Voilà (ci-dessus) ce qui m'interloque. Sur la plaque de marbre noir, j'ai rendu le nom de famille illisible, par respect.

Partie en recherche de morilles, apercevant une prairie en jachère bien exposée, j'y marchais doucement, les yeux rivés au sol quand tout à coup, je m'arrêtais net.
C'est un sentiment confus qui m'envahit face à ces sépultures "sauvages" : Une retenue, une nécessité de se recueillir devant un(e) inconnu(e) et -en même temps- je me dis qu'on enterre aussi les animaux domestiques comme ça....

Pour être tout à fait impartiale, il existe des "vraies" sépultures avec pierre tombale, croix et chaînes qui les entourent, tendues sur 4 piquets. C'est encore plus perturbant !

Si vous avez découvert un jour ce type de "cimetière familial", merci de partager votre sentiment.

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Il est un village assez haut perché où seul un cafetier a résisté en devenant multi-services.

Sa terrasse surplombant la vallée offre un paysage apaisant mais surtout un point de ralliement convivial.
Et assis là, on en entend de toutes les couleurs !
Les catholiques affirment que "la loi interdit d'enterrer ses morts dans sa propriété" et les protestants jurent le contraire.

Que dit précisément la loi ?
"Sur autorisation préfectorale, au vu des documents cadastraux, il est admis d'inhumer les défunts sur ses terres à la condition que la parcelle sélectionnée soit distante de 35 mètres de toute habitation et que le bourg concerné recense moins de 2000 âmes".

Que ne dit pas la loi ?
Que depuis l’Édit de Nantes (1598), les cimetières existants (catholiques) étaient interdits aux protestants !
Il a bien fallu que ces braves gens trouvent des lieux dignes pour enterrer leurs morts...
Toujours très attachés à leurs terres, les protestants les utilisaient à des fins posthumes mais avaient-ils le choix ?
En zone plus urbanisée et donc plus peuplée, les protestants ont leurs propres cimetières.

Que se passe-t-il en 2018 ?
Localement, la loi étant facile à contourner, certaines familles continuent de faire de la "résistance" funéraire !
Dans le jardin ? Que nenni ! Mais le petit lopin de famille situé hors du village où le défunt travaillait son potager sera le lieu idéal pour qu'il y repose éternellement....

02:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (23)

Commentaires

En charente-maritime aussi, où il y a eu 1/2 catholiques et 1/2 protestants, il n'est pas rare d'avoir des tombes dans les jardins des maisons anciennes et parfois des sépultures en pleine nature, à l'abri des exactions catholiques ou sur des lieux de culte protestants cachés. Mais ça reste ancien.

Écrit par : Sandra | 07/05/2018

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je pensais que ce type de sépulture était bien plus anciennes, je comprends ton trouble..

Écrit par : Isa38 | 07/05/2018

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Ah... j'aime bien ne pas être seule sur ce genre de d'émotion... Merci !

Écrit par : Maryse | 07/05/2018

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ça m'a fait cogiter , sur le pourquoi ça nous gêne :
finalement , cette personne est là dans un environnement qu'elle a sans doute aimé..pour le reste c'est mon analyse : il n'y a plus que son corps, alors quelle importance?
Ce qui me perturbe le plus et me met encore plus mal à l'aise, ce sont les bouquets ou croix au bord des routes sur les lieux d'accidents..
encore une fois c'est un ressenti personnel et je ne porte pas de jugement..
Tes posts questionnent et c'est bien

Écrit par : Isa38 | 07/05/2018

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En plus Isa, malheureusement ces "marques" d'accidents ne font pas ralentir les automobilistes bien vivants...

Écrit par : Maryse | 07/05/2018

moi j'ai donné mon corps à la faculté de médecine de Nice...
Alors je serai démembrée, vidée, dépiotée, triturée, et puis jetée aux lions ! ahh non ! y'a pas de lions à la faculté.
Mais si j'avais pu avoir la possibilité d'être enterrée dans un lieux comme celui de ton Adrienne, je n'aurais pas fait ce choix...

Écrit par : iloula83 | 07/05/2018

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punaise que je cause mal ce matin "si j'avais pu avoir ...." faut vraiment que je parte en vacances !!!!!

Écrit par : iloula83 | 07/05/2018

La fac de Montpellier a refusé le mien : Trop de demandes.

Écrit par : Maryse | 07/05/2018

Ah la Cicciolina est encore sur le tarmak ????

Écrit par : Maryse | 07/05/2018

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En même temps, elle date de 72, sa tombe. C'est plus si récent, mes p'tites dames... Et il y a des lois qui persistent même si on les a oubliées. Peut-être que les protestants peuvent être encore inhumés à certain endroits ?
Moi aussi, les bouquets au bord des routes ou sur les ponts me serrent le cœur.
Maryse, zut, j'ai la vision de la cicciolina quand je vois le nom d'Iloula !!!
Moi, je préfère être incinérée, après qu'on se soit servi de ce qui pourra être utile. Et balancée à la mer :) et attention au sens du vent ! (Thé Big Lebowski :))

Écrit par : Sandra | 07/05/2018

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mdr ! mais la Cicciolina en tenait une sacré couche !! je dévalorise iloula, là !
Et oui Sandra, il y en a toujours grâce à des asso qui gèrent des cimetières dits "familiaux", en plein bois, plusieurs tombes récentes mais groupées en un carré de terre clôturé, avec un petit cabanon très propre où ranger les outils et un point d'eau pour l'entretien. S'il n'y avait pas de tombe, vu la quantité de fleurs, on croirait un jardin communal...

Écrit par : Maryse | 07/05/2018

Ah oué...
Mais, si elle est isolée, la tombe d'Adrienne est peut-être sans corps en dessous ?

Écrit par : Sandra | 07/05/2018

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Mais non, ne me dis pas ça, je lui ai souhaité un bon repos à cette bonne dame !!

Écrit par : Maryse | 08/05/2018

Ici, nombre de tombeaux sont disséminés un peu partout: dans les propriétés familiales, au bord de la route, mais j'en vois très rarement dans les champs. Il s'agit toujours de monuments genre chapelle de plus ou moins grande taille, la population étant en grande majorité catholique.
Notre famille est inhumée dans un tombeau créé dans les années 1850 sur une ancienne grotte préhistorique. Mon mari et moi avons décidé d'être incinérés et nos urnes seront dans la chapelle au-dessus du tombeau. Nous n'avons pas voulu que nos cendres soient dispersées car je me suis rendue compte qu'il était important - pour moi - d'avoir un endroit où me recueillir pour penser à mes disparus.

Écrit par : Adeubé | 07/05/2018

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Je comprends ta décision (finale) Adeubé et merci de ton témoignage.

Il y a longtemps (sur le précédent support), j'avais posté une note dédiée à un site spécial décès qui répond avec tact, humanité et même poésie à toutes les questions que l'on n'ose pas toujours poser, il s'agit de "ALLO LE CIEL" :
https://alloleciel.fr
Propre, respectueux, clair et agréable, ce portail ne vend rien mais répond à toutes les interrogations profondes ou pratiques et va même jusqu'à aider les personnes qui traversent des moments cruels.
Le sujet de la mort n'y est jamais traité avec larmoiement ou tristesse, il est -à mon sens- exemplaire.

Écrit par : Maryse | 08/05/2018

Adeubé je ne me souviens plus ou tu vis mais ce que tu racontes je l'ai vu aussi en Corse... au bord de la route, à l'entrée ou à la sortie d'un village...
Maryse je comprends ta réaction aussi... Alors je me dis que cette Adrienne a peut être choisi d'être enterrée dans ce beau champs!

Écrit par : Pepou | 07/05/2018

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Tout pile, Pepou, Adeubé est en Corse !!! Brava ! (si tu dis son pseudo à haute voix, ça donne phonétiquement 2B = l'immatriculation de la Haute Corse ^^)

Écrit par : Maryse | 08/05/2018

Mince alors! Maintenant que tu le dis c'est évident!!!

Écrit par : Pepou | 08/05/2018

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Gagné Maryse et Pepou!

Écrit par : Adeubé | 08/05/2018

Ah bah je croyais que c'était tes initiales :)

Écrit par : Sandra | 08/05/2018

(^_^)

Bon, je rentre de vadrouille.... Encore trouvé une botte d'asperges sauvages, des XXL!
Incroyable un 8 mai ; grâce à un petit rafraichissement, les plantes ont freiné puis sont reparties de plus belle. Trop contente !

Ensuite, le marché.
Lieu où l'on réalise les marges que les GMS font sur notre dos :
Asperges de pays, 3,50 € le kg, bouquet de petits artichauts nouveaux violets : 1,50 €,
pois gourmands ou petits pois locaux (pas du Chili) 5 € le kg, ail nouveau (balèze) 3,5 € le kg (que je vais mettre au vinaigre avec un soupçon de miel et des épices) et 2 € le pied de basilic bien trapu, pas un échalas rachitique comme ceux des supermarchés mais une belle boule aux feuilles charnues vert sombre.
Voilà, c'est non seulement un plaisir d'acheter du frais local, une économie évidente mais une forme de revanche et de résistance.
L'est ravie la taulière, je vous en souhaite tout autant !

Écrit par : Maryse | 08/05/2018

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Je me trompe peut-être mais je pense que tu as enfin trouvé ton petit paradis sur terre : la cueillette, le marché, la bienveillance des gens,...
Il y aura aussi peut-être quelques inconvénients (hiver ?) mais les avantages sont bien plus nombreux. Je suis contente pour toi !

Écrit par : Jo | 08/05/2018

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Merci Jo, tu vois clair !
Disons que si on n'a pas de bateau, si on ne peut plus sauter sur les rochers pour aller à la pêche, le bord de mer devient restrictif... surtout si on est pas adepte de la bronzette ^^
En moyenne montagne, la biodiversité est inouïe, presque infinie.
Si je monte un peu en altitude, je trouve des fleurs divines, protégées certes, comme la pivoine ou la tulipe sauvage. Idem pour les petits fruits de juillet (myrtilles, framboises, groseilles).
A chaque 100 mètres de montée, la nature varie et si on est malin... on repère les végétaux à ramasser afin d'étaler les récoltes ; par exemple, je pourrai cueillir les fraises des bois pendant un mois complet, partant de 350 m d'altitude jusqu'à 1200 m.
Fin bref, oui, je me régale comme jamais !

Écrit par : Maryse | 08/05/2018

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